Rentrée de la 5ème promotion du Master GEGDE à Abidjan : genre, eau et développement durable au cœur de l’enjeu

La cinquième promotion du Master Genre, Économie et Gestion durable de l’Eau a effectué sa rentrée solennelle le 17 octobre à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan. Portée par la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » (CUEFPOD), qui célèbre cette année ses vingt ans, cette formation vise à préparer des professionnels capables d’intégrer les enjeux du genre et du développement durable dans la gestion des ressources en eau. Elle s’inscrit dans la mission de la Chaire, qui associe recherche, formation et information pour promouvoir l’égalité et la participation des populations aux décisions qui les concernent.
L’eau ne se résume pas à une ressource naturelle. Elle représente aussi un enjeu économique, social et politique qui nécessite des compétences spécifiques. C’est dans cette perspective que le Master Genre, Économie et Gestion durable de l’Eau (GEGDE) a ouvert son année universitaire 2026-2027, samedi 17 octobre, à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, à Abidjan. La rentrée solennelle s’est déroulée en présence d’Euphrasie Kouassi Yao, conseillère spéciale du Premier ministre chargée du genre et titulaire de la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions », qui porte cette formation.
Le président de l’université, le professeur Ballo Zié, a également pris part à la cérémonie. Pour ce dernier, le rapprochement entre le genre, l’économie et la gestion de l’eau répond à une nécessité. « Ressource à la fois vitale, économique, partagée et de plus en plus disputée », l’eau exige des femmes et des hommes capables d’analyser des données hydrologiques, de comprendre les budgets et de dialoguer avec les collectivités comme avec les instances chargées de la gestion des bassins, a-t-il souligné.

Deux spécialités pour répondre aux enjeux du développement durable
Le Master propose deux spécialités : « Genre et développement durable » et « Eau et développement durable ». La première comprend des enseignements sur la budgétisation sensible au genre, ainsi que sur les liens entre genre, changements climatiques et crises biologiques. La seconde porte notamment sur l’économie circulaire, la protection des ressources en eau et les questions de qualité, d’hygiène, de sécurité et d’environnement. Le cursus totalise 120 crédits. Les cours sont dispensés en ligne ou en présentiel à partir de 17 h 30, une organisation qui tient compte des contraintes des personnes en activité. Des stages obligatoires complètent les enseignements.

Sous certaines conditions, le diplôme permet également d’accéder au doctorat. À travers cette formation, la Chaire UNESCO poursuit sa mission de recherche, de formation et d’information dans les domaines de l’eau, des femmes et du genre. Créée le 11 janvier 2006, elle entend également associer les populations aux décisions qui les concernent. Lors de la conférence inaugurale, Euphrasie Kouassi Yao a insisté sur la nécessité de partir des besoins des communautés et de mieux intégrer l’analyse budgétaire selon le genre. L’ambition, a-t-elle expliqué, est de faire de l’eau un levier de dignité, d’égalité des chances, de paix et de développement durable.
L’insertion professionnelle au cœur des priorités
Pour l’année universitaire 2026-2027, la direction du Master a retenu cinq priorités : la qualité de la formation, l’assiduité, le travail personnel, l’ancrage des mémoires dans les réalités du terrain et les priorités nationales, ainsi que l’ouverture professionnelle. Chaque auditeur devra notamment bénéficier d’un double encadrement pour son stage, à l’université et dans sa structure d’accueil. Le directeur du Master, le docteur Yao Koffi Blaise, a également insisté sur la responsabilité individuelle des apprenants. « La première ressource à gérer durablement, c’est votre temps », leur a-t-il rappelé. Les cours débuteront le lundi 19 octobre 2026, tandis que les inscriptions prendront fin le 30 octobre.
Le dépôt des mémoires de deuxième année est fixé au 30 mai 2027, avant les soutenances prévues en juin. L’année académique s’achèvera le 31 juillet 2027. Depuis la création du Master, 66 auditrices et auditeurs ont soutenu leur mémoire, dont 35 au cours de l’année écoulée. Les profils des diplômés illustrent la diversité des débouchés, avec notamment une assistante de programme sur un projet de la Banque mondiale, un responsable du contrôle qualité en agro-industrie, un prêtre et un inspecteur des installations classées. Cette rentrée intervient dans une année marquée par les vingt ans de la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions ». Son parcours met en lumière un enjeu qui reste central : former des professionnels capables de relier égalité des chances, politiques de développement et gestion durable d’une ressource essentielle.
Source : article initialement publié sur Fraternité (fraternite.bj), le 18 octobre 2026, par Alexia Lumière-Christina ADJOU-MOUMOUNI.



